Déclaration du Président de DJCI & CUP-CI relative à la Résolution 1603 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la Côte d’Ivoire

                                                                                               New York, le 07 Juin 2005

Modeste Seri, Président de D.J.CI & CUP-CI exprime sa profonde gratitude aux membres du Conseil de Sécurité de l’ONU pour leur dernière décision d’examiner la situation en Côte d’Ivoire en profondeur avant d’adopter la Résolution finale de la mission des Nations Unies dans le pays.

La Résolution 1603, adoptée Vendredi dernier, exige une fois de plus le respect des accords de

paix par leurs signataires. Elle prolonge également le mandat intérimaire de l’ONUCI d’un autre mois.

“J’ose croire que ce temps supplémentaire permettra d’exposer les vraies raisons et les causes profondes de la récente tragédie ethnique survenue à l’Ouest. Egalement, tout devra être mis en oeuvre pour que la prochaine Résolution prévue pour le 24 Juin contienne les décisions nécessaires pour le retour d’une paix durable dans notre pays.” A souténu Mr Séri.

“Aujourd’hui, nous sommes à une phase capitale de l’histoire de notre pays.” A poursuivi Mr Séri.

“ La Côte d’Ivoire peut soit sombrer dans le chaos ou bien nous pouvons retablir une paix durable pas seulement en Côte d’Ivoire mais dans l’ensemble de la sous-région Ouest Africaine. Pour recouvrer la paix, la prochaine Résolution devra courageusement adresser les deux exigences suivantes:

 (1) Renforcer le mandat de l’ONUCI et augmenter les troupes de maintien de la paix et,

 (2) Arrêter une base solide pour des élections crédibles, c’est à dire réunir toutes les conditions pour la préparation d’élections transparentes, justes et démocratiques sous la supervision du Haut Représentant du Sécretaire Général des Nations Unies.” A ajouté Mr Séri.

“Organiser des élections justes et transparentes dans un pays en conflit comme le nôtre exige une vigilence accrue des différentes parties et suffisamment de temps.” A commenté Mr Séri.

 “Quel type d’élections peut-on organiser dans un délai relativement court et un environnement aussi difficile pour éviter à la Côte d’Ivoire, le vide constitutionnel à l’expiration du mandat du Président Gbagbo? Cette interrogation reste la grande équation pour tous.”

Pour rendre les prochaines élections ivoiriennes légitimes, a poursuivi Mr Séri,

“l’épineux problème d’identification des électeurs et de la confection de listes électorales crédibles devra être résolu sans omettre la question plus qu’urgente du désarmement des combattants. Comment tout celà peut-être résolu dans un environnement de suspission généralisée ou certaines lois restent encore conflictuelles et ambigues? Malgré les voyages à Marcoussis puis Accra et enfin Prétoria en Avril dernier, nous avons l’impression que les problèmes ivoiriens sont restés presqu’entiers. Sur quelle base, le futur récencement va-t-il se faire surtout que la partie septentrionale du pays reste à ce jour innaccessible aux agents de l’administration centrale du fait d’un processus de désarmement plus timide que prévu si non quasi interrompu?”

“Il y a également une incohérence quant à la question d’éligibilité de certains candidats. Les récents accords de Prétoria sont en conflit direct avec certaines clauses de la constitution ivoirienne. Que faire dans le cas des “super-candidats de Prétoria”, tous suspectés de crimes économiques et/ou de sang et donc inéligibles selon la loi fondamentale pour moralité douteuse en l’absence des réformes de Marcoussis? Quel sera le sort des autres citoyens impliqués ni de près ni de loin dans la tragédie et non-signataires des accords de Marcoussis mais candidats potentiels? Quelle sera la légalité et la crédibilité des futures élections dans une Côte d’Ivoire ou certains se retrouvent  placés au-dessus des lois du pays par les Accords de Prétoria? Ne serait-il pas plus cohérent de suspendre la loi fondamentale pour tous? Prétoria serait-il un Accord de Paix ou la consécration de l’impunité pour la classe politique traditionnelle? Nous aimerions également savoir comment des élections non-violentes et démocratiques pourraient être possibles sans aucune campagne préalable de réconciliation et d’éducation civique dans un pays foncièrement divisé ou multipartisme rhyme avec tribalisme et violence—la démocratie avec tribucratie et pagaille?”         

Nous sommes définitivement convaincus que les trois prochaines semaines précédant la Résolution finale du 24 Juin seront mises à profit par le Conseil de Sécurité pour trouver les réponses idoines à ces questions difficiles que se posent les ivoiriens.

“Pour mettre fin aux souffrances des population, nous prions pour que des réponses appropriées soient apportées aux nombreuses questions restées en suspend à ce jour” a conclu Mr Séri dont les organisations ont rendu public un Plan de Paix dépuis Décembre 2004 et qui tente de répondre à certaines questions conténues dans cette déclaration.

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