PLAN DE PAIX EN COTE D’IVOIRE

proposé par

D.J.CI (Diaspora & Jeunesse de Côte d’Ivoire)
et
CUP-CI (Citoyens pour l’Unité et la Paix en Côte d’Ivoire)

La Côte d’Ivoire, un exemple de succès politique et économique en Afrique à une période encore récente est en train d’être détruite par la violence. La cause principale serait la politique de l’exclusion, de l’intolérance qui a suivi la disparition du président Felix Houphouët Boigny. Cette politique injuste prive certains citoyens de leurs droits civiques et consacre l’innégalité devant la loi. Ceci a mis à mal les valeurs de tolérance ethnique, de paix et conduit au conflit armé qui risque d’aboutir à la ruine sociale, politique et économique du pays. Progressivement, la Côte d’Ivoire va à la faillite. Cette situation préoccupe tout le continent et plus particulièrement, la sous-région Ouest Africaine. Le flux de plus en plus important des populations fuyant la guerre civile latente vers les pays voisins risque de destabiliser ces réfuges de fortune si aucune solution n’est trouvée dans l’immédiat. Ce conflit lourd de conséquences fait planer de gros risques sur l’ensemble de l’économie des pays de la région. Et, certains spécialistes de craindre déjà une nouvelle dévaluation du franc CFA, la monnaie commune dont la Côte d’Ivoire manipule presque la moitié de la masse totale.

Le niveau de dégradation de la situation se lit dans la gravité des mésures successives (résolutions puis sanctions) adoptées ces deux dernières années par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

La poursuite du conflit s’explique par la manipulation continue des groupes ethniques les uns contre les autres par les dirigeants de la classe politique au pouvoir et ceux de son opposition. Engagés, dans une guerre sans fondement réel, ces dirigeants politiques poursuivent le même objectif: la promotion de la haine ethno-réligieuse pour continuer à jouer les premiers rôles. Ce conflit constitue leur seul moyen de distraction des masses pour masquer leur incompétence face aux vrais problèmes de société (le chômage, la corruption, la pauvreté, le Sida, la criminalité, …). Malheureusement, ces dirigeants politiques continuent de bénéficier du support de miliers de jeunes souvent sous-informés, sans travail, à l’avenir incertain, récrutés par chaque camp pour faire la guerre, leur seule source de subsistance.

D.J.CI (Diaspora & Jeunesse de Côte d’Ivoire) et CUP-CI (Citoyens pour l’Unité & la Paix en Côte d’Ivoire) deux organisations impliquées ni de près, ni de loin et non affiliées aux potentiels profiteurs externes du conflit, proposent ce document comme une solution possible et plus réaliste pour la résolution du conflit. Notre approche a pour but d’encourager la discussion menant à une meilleure formulation puis à l’adoption d’un plan de paix qui pourrait restorer l’unité, la paix et la prospérité en Côte d’Ivoire.

D.J.CI et CUP-CI reconnaissent et remercient tous les efforts déployés par la communauté internationale (UA, CEDEAO, ONU, UE, France, Etats Unis, …) pour trouver une solution au conflit. Les dernières initiatives engagées par le Conseil de Sécurité et le Sécrétaire Général de l’ONU, l’Union Africaine et le président Sud-Africain Thabo Mbéki, méritent un encouragement spécial. Nous avons cependant des doutes sur le succès de tous ces efforts diplomatiques du fait de la mauvaise foi et de l’inconséquence des acteurs de la crise.

Citoyens ivoiriens, libres de tout lien avec les différents groupes qui oeuvrent à l’exploitation des populations plutôt que leur gestion démocratique; nous pensons mieux comprendre les intentions et les agissements des différents acteurs. Et, celà nous pousse à soutenir que l’espoir de la communauté-internationale pour l’application des accords de paix de Marcoussis et d’Accra III dans la paix n’est pas réaliste. Le temps, nous situera. Les nombreux révirements des acteurs politiques actuels ne nous permettent pas d’envisager un processus de paix durable selon l’approche diplomatique actuelle. Pour la paix dans notre pays, nous proposons une approche plus inclusive, plus juste et réaliste. Notre vision prend en compte les aspirations des différentes communautés vivant sur le sol ivoirien et devrait conduire tout le peuple à la paix recherchée.

L’objectif de D.J.CI (Diaspora & Jeunesse de Côte d’Ivoire) et de CUP-CI (Citoyens pour l’Unité & la Paix en Côte d’Ivoire), c’est de mettre fin au conflit politico-militaire artificiellement entreténu, puis de restorer la paix et l’unité nationale devant conduire à un gouvernement démocratique, qui respecte les droits de toutes les populations.

Cette proposition de paix appèle tous les citoyens de Côte d’Ivoire à:

  • rejeter toutes les tentations de seccession,
  • accepter une nouvelle vision pour notre pays,
  • soutenir les idées défendues.

Notre proposition décrit suffisamment et clairement la forme de gouvernement à mettre en place dans les plus brefs delais pour restorer la stabilité du pays.

Ce document présente la démarche à suivre pour y parvenir:  

1.      Large description de la forme de gouvernement proposé par D.J.CI

2.      Identification des conditions de base pour le retour de l’ordre minimum devant permettre la réalisation de cette vision

3.      Proposition pour un gouvernement de transition composé de compétences locales et de professionnels de la Diaspora ivoiriennne en partenarait avec la communauté internationale

4.      Chronogramme d’exécution du plan de paix et perspectives

Avant d’aborder chaque étape sus-mentionnée, nous voudrions brièvement présenter l’organisation Diaspora & Jeunesse de Côte d’Ivoire.

D.J.CI, vaste mouvement de la société civile en Côte d’Ivoire et de la Diaspora ivoirienne, est né pour:

(1)   mettre fin à la violence politique actuelle,

(2)   et éduquer la population sur les changements nécessaires à effectuer pour une démocratisation capable d’assurer l’unité nationale.

D.J.CI, dont le nombre des membres ne cesse de croitre de façon  accelerée, a été créé sous l’impulsion de Mr Modeste Gnamé Séri.

Bénéficiaires d’une éducation multiculturelle qui enseigne la tolérance et l’acceptation de l’autre, les initiateurs de ce mouvement ne pouvaient rester impuissants devant la promotion de l’injustice et des innégalités sociales entre les différentes ethnies et réligions de Côte d’Ivoire par des hommes politiques guidés exclusivement par leurs seuls interêts.

Tout citoyen attaché à la paix, à la justice, à la tolérance ethno-réligieuse et à la démocratie doit se joindre à la cause de D.J.CI.

1)    D.J.CI et la gestion publique en Côte d’Ivoire

La vision de D.J.CI pour la Côte d’Ivoire se caractérise par une démocratie et une gouvernance inclusive, responsable et transparente qui consacre le respect des lois. Le pragmatisme économique devra permettre une meilleure coopération sous- régionale et internationale. Nous sommes pour une gestion politique faisant la symbiose des valeurs modernes et des valeurs démocratiques traditionnelles.

Notre modèle de gestion propose:

a)      L’inclusion et la tolérance ethnique: Conscient du caractère immigrationnel du peuplement de la CI et de la participation active des immigrés dans le développement social, culturel et économique du pays, Diaspora & Jeunesse de Côte d’Ivoire propose une politique d’intégration garantissant l’égalité des citoyens devant la loi.

b)      Autonomie régionale et fédérale: Compte ténu des disparités ethniques, coutumières, réligieuses et èconomiques entre les populations, D.J.CI pense que, offrir l’autonomie aux cinq grandes régions géographiques du pays, pourrait permettre de répondre efficacement aux besoins des populations pour un dévéloppement national équilibré. Les régions devront être définies dans le respect de l’intégrité des communautés et de la souveraineté nationale. D.J.CI trouve appropriée, l’idée d’une république fédérale de Côte d’Ivoire. Cette forme de gestion décentralisée pourrait  contribuer à la bonne gouvernance. Le projet de fédération pourrait être expérimenté pendant la période de transition et conduire à une république fédérale en cas de succès.

c)      Valeurs traditionnelles: La gestion des conflits par la politique de l’arbre à palabre. Cette pratique permet d’inviter toutes les parties en conflit à la discussion franche et sincère sous l’arbitrage d’un observateur non partisan (le chef ou l’observateur étranger) pour la manifestation de la vérité qui permettra d’éviter la répétition des crises. Cette vieille approche de la résolution des conflits dans nos sociétés traditionnelles anciennes a longtemps permis d’affronter les épreuves de la vie sans faux fuyant et de résoudre durablement les crises sociales. Pour surmonter toutes les blessures engendrées par la crise politique actuelle; nous pourrions nous inspirer de ces valeurs de nos villages pour une réconciliation sincère. Ainsi la confiance revenue; la participation des uns et des autres à la reconstruction nationale ne sera qu’une simple formalité.

d)      L’éducation de l’ensemble des populations: Aucune démocratie ne peut tenir longtemps debout si les populations n’imposent pas aux élus, le respect de la constitution du pays. C’est pouquoi, avant de se rendre aux prochaines élections, les ivoiriens et toutes les autres communautés vivant en Côte d’Ivoire auront besoin d’une campagne intense d’information et d’éducation sur les valeurs (droits et devoirs) qu’incarne la démocratie. Nous sommes sans ignorer que depuis plus d’une décennie, la Côte d’Ivoire est installée dans la violence et l’instabilité politique. Cette situation a contribué à la descolarisation de nombreux enfants en plus des orphelins du SIDA. Sans ressources ni aide ou protection sociale; ces enfants ont été empêchés de bénéficier d’une formation de base conduisant au premier emploi ou à la création des PME-PMI. Ne dit-on pas qu’une population qui ne sait que se bagarrer, ne peut créer une société saine, paisible et productive?  Pour parvenir à la reprise économique; nous pensons, qu’il est urgent de créer les conditions du retour de la paix. Ceci devrait, d’une part, remettre les jeunes combattants au travail et de l’autre, permettre à tous ceux qui veulent poursuivre leurs études de le faire dans les meilleures conditions possibles. La redynamisation de la societé et le retour de l’espoir pour le peuple jeune de Côte d’Ivoire en dépendent.

e)      Un engagement ferme pour le dédommagement des victimes de la guerre: Les blessures de la guerre, au-delà des morts, mutilités, blessés et handicapés à vie, concernent également tous les traumatismes subis, qui, au fil du temps ont des répercutions néfastes sur le physique, le mental et le rendement des victimes. La haine engendrée par la violence entre les uns et les autres devra également être adressée. Pour dissiper les nombreuses rancoeurs, il faudra dédommager tous ceux qui ont beaucoup ou tout perdu du fait de la guerre. Pour une réconciliation sincère et durable, nous pourrions nous inspirer également de l’exemple Sud-Africain.

f)        La rédaction d’une nouvelle constitution: Au regard des conséquences graves de la politique de l’exclusion, la rédaction d’une constitution consensuelle qui prône les valeurs de la démocratie et du dialogue continu entre les ivoiriens s’impose. Fédérer la CI devrait permettre d’adresser et de satisfaire au mieux les besoins de chaque région tout en garantissant le dévéloppement équilibré et la cohésion de la nation.

g)      Une économie solide: La Côte d’Ivoire, pays côtier, aux immenses richesses naturelles avec une main-d’oeuvre qualifiée, réunit tous les facteurs nécessaires pour assurer la reprise économique. Pour le réaliser, nous devons tous travailler au rétablissement immédiat de la paix. Nous devons empêcher les politiciens de profiter seuls des richesses nationales. Nous pouvons éradiquer la corruption au moyen de lois justes et impersonnelles. Veiller à l’application et au respect de ces lois, devrait rassurer les investisseurs nationaux et attirer plus de capitaux étrangers indispensables au dévéloppement du pays.

2)    Conditions à satisfaire pour la réalisation du plan de paix

Pour arriver à la paix selon la vision de D.J.CI, plusieurs conditions devront être satisfaites dont quatre ont rétenu notre attention:

a)      le besoin de changement des dirigeants;

b)      le besoin d’une coopération internationale de maintien de la paix;

c)      le besoin de stabilité et de dévéloppement économique;

d)      le besoin de patience dans le processus de reconstruction.

a)      Le besoin de nouveaux dirigeants

Les graves conséquences de la crise politique, nous amènent à soutenir qu’il est impossible de construire un processus de paix durable avec la classe politique actuelle:

·        Le président Gbagbo Laurent fait preuve de manque de vision, dans la gestion du pays. Son équipe et lui ont clairement démontré à plusieurs reprises leur nette opposition au processus de paix (non respect des accords de paix et violation des droits de l’homme). Ensemble, ils ont amplifié le débat identitaire véhiculé par le concept de l’ivoirité. Cela a mis en péril la survie de toute la nation.

·        Mr Alassane Dramane Ouattara et les dirigeants des Forces Nouvelles (la rébellion). Pour avoir cédé à la violence pour exclusion politique, lui et son parti ne peuvent prétendre gérer l’ensemble du pays dans la paix. Au regard des nombreux révirements face au processus de DDR (démobilisation, désarmement et regroupement), aux violations des droits de l’homme qui leur sont imputables et leur réfus catégorique de réunification du pays; ils ont fini par convaincre toutes les populations de leur aversion pour l’impatience et la violence. Tous ces faits poussent les uns et les autres à s’interroger sur la sincérité de leur slogan <vivre ensemble>.

·        L’ex-président Henri Konan Bédié, principal instigateur de la politique d’exclusion et de catégorisation des citoyens, doit être ténu directement responsable de toutes les dérives suvenues dans le pays suite à l’introduction du concept de l’ivoirité dans la vie politique nationale.

Aucun de ces trois dirigeants n’a jusque-là démontré son engagement ferme pour la pleine et entière application des accords de paix signés à Linas Marcoussis (France) puis à Accra (Ghana) en présence des représentants de la communauté internationale.

Après plus de 2 ans de pourparlers; la paix continue de s’éloigner de la Côte d’Ivoire du fait de sa classe politique dont les motivations ne dépassent pas le cadre strictement personnel et clanique.

Des consultations des populations pour recueillir leur vision de la paix, il ressort que l’élite politique ivoirienne a échoué dans son ensemble. Les conclusions démontrent que les ivoiriens dans leur grande majorité supporteraient l’idée d’une transition politique responsable, dirigée par une équipe non impliquée dans le conflit et capable d’effectuer tous les changements nécessaires en profondeur pour le retour de la paix.

b)      La nécessité d’une mission-internationale de maintien de la paix

Pour résoudre durablement la crise actuelle, il est impératif d’opérer tous les changements qui s’imposent. Du fait de l’importance des frustrations, des souffrances, des destructions et de la haine causées par plus d’une décennie de violence, D.J.CI pense que le conflit ivoirien a atteint et dépassé le seuil de tolérance. Rêver à une réconciliation véritable sans l’arbitrage de la communauté-internationale serait utopique. Sans cette assistance, nous sommes presque certains d’une guerre civile très dévastatrice, risquant de provoquer l’intervention de forces militaires extérieures, en guise de protection de leurs ressortissants. Ceci pourrait déboucher sur l’embrasement de toute la sous région.

L’Organisation des Nations Unies nous semble la mieux appropriée pour coordonner et réussir cette mission.

Afin d’améliorer les relations entre toutes les forces de paix présentes en Côte d’Ivoire:

- d’avec les populations d’une part

- et de garantir leur impartialité vis-à vis des forces ivoiriennes belligérantes de l’autre; D.J.CI souhaiterait que, toutes ces forces de maintien de la paix, acceptent de travailler sous le commandement de l’ONU.  Cette augmentation systématique des forces onusiennes auxquelles il faudra donner un mandat plus large pourrait contribuer à réduire l’insécurité et rétablir l’ordre public.

D.J.CI soutient les résolutions 1527 (2004) relatives au renforcement du mandat des troupes de l’ONU en Côte d’Ivoire et 1572 (2004) concernant les sanctions à imposer aux ennémis de la paix.

L’expérience de resolution de certains conflits enseigne que l’interposition des troupes de la paix entre les belligérants n’est que le début d’un long processus de retour à la normalité. Pour être efficace, la reconstruction de la nation devra également tenir compte:

- de l’éducation civique,

- de la réconciliation nationale,

- et de l’application du programme de DDRRS (Désarmement, Démobilisation, Regroupement et Réinsertion Sociale) des combattants.

Bien qu’indispensables, ces quelques critères indiqués ci-avant ne sauraient suffir.

Les dommages causés à notre société et aux institutions de l’Etat sont énormes.

Pour réussir le travail de réhabilitation des institutions de l’Etat et de reconstruction de notre économie, nous devons accepter la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale, responsable devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. Cette équipe composée de compétences locales et de professionnels ivoiriens exerçant à l’étranger devra jouir d’une bonne moralité. Sans aucun complexe d’interruption de souveraineté, ce gouvernement de transition devrait asseoir les fondements de la bonne gouvernance.

c)      Le besoin de stabilité pour le dévéloppement économique

Historiquement fertile et riche en ressources naturelles, la Côte d’Ivoire tire l’essentiel de son dévéloppement économique de l’exportation des produits agricoles. Avec le retour de la paix et de la stabilité, il n’y a pas de raison de ne pas croire au retour de la prospérité. Mais pour y parvenir, nous devons restaurer le climat de confiance d’atant, être plus hospitaliers pour faire de la Côte d’Ivoire, notre pays; la première destination des anciens et nouveaux investisseurs étrangers dans la région. Nous devons adopter également de nouvelles lois garantissant, la sécurité et la bonne gouvernance, puis mettre en place un appareil administratif et une bureaucratie efficaces sans oublier d’opter pour une politique fiscale souple et incitative.

Par ailleurs, nous devons nous assurer que la politique gouvernementale permette la coopération économique sous-régionale et internationale tout en favorisant une activité économique souténue qui tienne compte de l’environnement et contribue au dévéloppement social. Ne dit-on pas qu’il n’y a de richesses que d’Homme?

En ces temps difficiles, il est important d’accorder une attention particulière à la réintégration sociale de tous les combattants actuels et potentiels. Nous devons tous admettre que, ces jeunes gens ont été souvent enrolés de force et contraints à la violence par des politiciens avides de pouvoir, égoistes et foncièrement manipulateurs. Ils les ont privé de leur droit à l’éducation qu’il faudra leur restituer dès que possible. Tous ces jeunes ont leur place dans la renaissance de la nation. Il est donc crucial que nous prévoyions les moyens nécessaires à leur réinsertion sociale. La jeunesse devrait être le moteur du dévéloppement de toute nation sérieuse et ambitieuse.

d)      La prudence dans le processus de reconstruction

Ce document a dejà mis en relief les conditions de base à réunir pour l’application de notre vision. Fort heureusement, la répétition est pédagogique.

Pour assuer un dévéloppement souténu à la Côte d’Ivoire, il est impératif de mettre en place des institutions républicaines fortes basées sur les valeurs de la démocratie. Toutes les substitutions et tentatives superficielles (sans véritables changements en profondeur) sont vouées à l’échec. Nous devons clairement faire comprendre aux bienfaiteurs extérieurs, c’est à dire la Communauté Internationale que les couts d’une Côte d’Ivoire destabilisée et embrasée sur plusieurs années (élections précipitées dans un pays profondement divisé) seront de loin supérieurs à ceux à engager sur le cours-terme pour désamorcer la bombe sociale-latente.

Avec une assistance adéquate, les perspectives de succès de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire sont excellentes. Historiquement ouverte, tolérante et fraternelle vis-à-vis des travailleurs immigrés jusqu’à une date récente ou les populations ont été incitée à la haine et à la violence ethnique; la Côte d’Ivoire était une terre d’hospitalité pour les immigrés africains, européens et asiatiques. Ces communautés établies dépuis plusieurs décennies, dont certains membres sont dévenus des bi- nationaux, ont aidé à faire de l’économie ivoirienne, la plus dynamique de la sous-région de par leur travail et leur esprit d’entreprise. Avec tous ces atouts réels; nous pensons que le succès ivoirien peut se repêter à nouveau et s’intensifier.

Réaliser la vision ci-avant présentée et satisfaire les besoins de la cause recommande une stratégie en deux phases:

(1)   Une force internationale d’intervention pour le renforcement du processus de paix  et

(2)   La mise en place d’un gouvernement de transition de technocrates pour la réconciliation et la reconstruction du pays.

Le reste de ce document expose la structure du gouvernement de transition selon la vision de D.J.CI et exprime les étapes à suivre pour y parvenir.

3)    Un gouvernement de transition pour la Côte d’Ivoire

D.J.CI recommande la formation d’un gouvernement de transition composé de  compétences locales et d’ivoiriens exerçant à l’étranger sans aucune discrimination réligieuse, ethnique ou d’origine. Ces nationaux modérés et non impliqués dans la tragédie, travailleront en partenariat avec l’ONU. Ce partenariat de transition ne devra pas prendre plus longtemps que nécessaire pour la mise en place d’un gouvernement fort, libre, et démocratique.

Quant à la consolidation de la paix, elle pourrait être confiée à l’eventuelle Commission de Consolidation de la Paix dont la création a été recommandée en décembre 2004 aux Nations Unies par le Groupe de Personnalités de Haut Niveau sur les Menaces, les Defis et le Changement. 

Comme annoncé plus haut, le gouvernement de transition de Côte d’Ivoire (GT-CI) devra identifier 5 grandes régions (Nord, Centre, Sud, Est et Ouest) du pays. Cette nouvelle forme d’organisation devra prendre en compte les us, coutumes et besoins des populations pour un dévéloppement économique et social décentralisé qui ne devra nullement remettre en cause l’intégrité territoriale. Dès la mise en place d’un tel système de gestion, les spécialistes devront immédiatement travailler à l’adoption d’un gouvernement fédéral à soumettre à l’approbation de tous les citoyens en cas de succès, lors du vote de la nouvelle constitution consensuelle.

Le gouvernement de transition devra être composé de:

·        Un Présidium: Organe suprême d’autorité approuvé par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

·        Cabinets ministériels: en nombre limité; ils devront être gérés par une équipe de technocrates.

·        La législature: Pendant la transition, le gouvernement sera conseillé sur le plan législatif par un Conseil National nommé par le présidium et composé de professionnels ivoiriens, compétents et jouissant d’une bonne moralité. A la fin de la campagne d’éducation civique et de formation conduisant à l’adoption de la nouvelle constitution; des élections législatives devront être organisées dans les meilleurs délais pour accompagner la transition au cas où elle devrait être prolongée.

·        L’appareil judiciaire: Pour lutter efficacement contre la corruption et le militantisme politico-tribal en cours dans ce secteur, une restructuration s’impose. Le présidium devra nommer des juges ivoiriens aux compétences et intégrité prouvées. L’assainissement de l’appareil judiciaire ivoirien sera indispensable pour la bonne marche du processus de réconciliation et de reconstruction.

·        La bureaucratie: l’essentiel du personnel de la fonction publique devra être mainténu pour faciliter la transition politique à tous les niveaux de l’admnistration. Toutefois, certaines positions clefs pourraient faire l’objet de réaménagement.

·        L’armée (Les Forces de Défense et de Sécurité): Sous l’autorité du présidium et l’assistance d’experts internationaux, l’ensemble des FDS ivoiriennes devront être restructurées.

Pour permettre au processus de démocratisation de la Côte d’Ivoire, de connaitre un succès réel; nous aurons besoin de beaucoup de patience, d’assistance financière et d’un engagement ferme de la communauté internationale. La période de transition devra être relativement longue pour permettre au gouvernement de transition, de mettre en place les fondements de l’Etat de droit pour une reconstruction réussie. Nous sommes persuadés qu’une fois la confiance retrouvée et les investisseurs rassurés, l’exploitation des richesses du pays devrait permettre à la Côte d’Ivoire de faire face à ses besoins de trésorerie et de successivement se passer de l’aide internationale dont elle a grand besoin à présent. Tous les efforts devront obligatoirement être déployés pour minimiser les dépenses.

4)    Les étapes à suivre pour le retour de la paix

1.      L’application stricte de la résolution 1572 du conseil de sécurité de l’ONU:

a.       Appliquer avec rigueur à tous les belligérants, l’embargo de 13 mois imposé sur les armes et les produits dérivés.

b.      Interdiction de voyager hors du pays à toutes les personnes identifiées comme opposées à l’application des différents accords de paix et gèle de leurs avoirs à l’étranger comme stipulé dans le paragraphe 14 de la résolution.

Ces sanctions pour être justes, efficaces et acceptées de tous, devront s’appliquer à tous les acteurs directs du conflit c’est à dire aussi bien aux membres du gouvernement actuel, aux dirigeants de la rebellion qu’aux responsables de l’opposition et des forces parallelles (milices).

2.      Augmenter le nombre des forces de l’ONU. Mettre sous-commandement de l’ONU, toutes les forces de paix en Côte d’Ivoire.

Inviter solennellement à la retraite politique les principaux acteurs du conflit afin de sauver la Côte d’Ivoire, notre pays à tous, d’une guerre civile généralisée.

3.      Conduire une campagne nationale d’information pour sensibiliser la population sur la nécessité du gouvernement de transition. La participation active de certains dirigeants modérés de l’actuelle classe politique dans le processus de reconstruction sera indispensable.

a.       Tenir une conférence des dirigeants des principales organisations de jeunes et de la société civile. Analyser la crise actuelle et proposer des solutions prenant en compte la nécessité de la mise en place d’un gouvernement de transition faisant la promotion de nouvelles compétences nationales.

b.      Lancer une campagne intense de 3 mois sur l’ensemble du territoire national pour expliquer et situer la responsabilité des principaux acteurs de la crise.

4.      Avec une opinion nationale favorable à la démission du président Gbagbo, à la retraite politique de l’ex président Henri Konan Bédié et de l’ancien premier ministre Alassane Ouattara, mettre en place un gouvernement de transition.

5.      Le gouvernement de transition approuvé par le Conseil de Sécurité de l’ONU aura une durée initiale de deux ans renouvelables si nécessaire.

6.      Définir et rendre opérationnel tous les départements et institutions du gouvernement de transition.

a.       Engager des activités et des campagnes intenses de réconciliation nationale.

b.      Identifier les besoins, définir des programmes d’éducation, mettre en place des structures de micro-crédits pour le financement de nouveaux projets pour assurer la reintégration-réinsertion des jeunes.

c.       D’importants efforts devront être déployés pour assurer la bonne gouvernance dans tous les départements publics.

d.      Améliorer les conditions de base pour la santé publique et l’éducation nationale (Réhabilitation et équipement des établissements scolaires et hospitaliers).

e.       Promouvoir l’investissement privé national et international pour relancer le dévéloppement économique.

f.        Mettre sur pied des programmes intenses d’éducation civique sur l’ensemble du territoire.

7.      Organiser les élections pour des assemblées consultatives au niveau central et régional pour sièger pendant la transition.

8.      Nommer une commission pour la confection d’une nouvelle Constitution qui réflète les aspirations profondes de la grande majorité des ivoiriens. La nouvelle loi fondamentale devra affirmer avec force: les valeurs de tolérance, d’intégration, et de la promotion des droits de l’homme.

9.      Organiser un référendum sur l’ensemble du pays pour adopter la nouvelle constitution.

10.  Organiser les élections comme stipulé par la nouvelle constitution

11.  Transférer le pouvoir au nouveau gouvernement démocratiquement élu.

Document établi en Décembre 2004
Par la Direction de D.J.CI et CUP-CI.

P.O. le Président Modeste G. Seri

Tel/Fax: 212-283-8660      Email: movdjci@aol.com ou cupci1@aol.com
P.O. Box 1001
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U.S.A