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Diaspora et Jeunesse de Cote
d’Ivoire
Notre devoir citoyen : Sensibiliser avec objectivité
pour éviter le chaos à la Côte d’Ivoire |
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Abidjan, le 9 Décembre
2006
Face à la spirale de
violence quotidienne dans notre pays ; nous sommes très
inquiets. Les différentes factions de la classe politique
nationale très divisée, sont de plus en plus intolérantes et
hostiles l’une envers l’autre. De façon récurrente, chacune de
ces parties belligérantes essaie de justifier ses actions
violentes, exclusivement destinées à humilier et diaboliser
l’adversaire.
Jusqu’où s’arrêtera cette
attitude négative du leadership politique ivoirien?
N’importe quel observateur
même extérieur de notre société agonisante peut aisément prévoir
l’avenir incertain auquel nous nous exposons tous.
Un conflit grave et destructeur de nos vies et de notre
société nous attend si nous ne changeons pas immédiatement de
comportement pour mettre un terme à l’impunité et à la folie
destructrice qui s’est emparée de certains d’entre nous.
La question qui se pose
est de savoir : qui sortira vainqueur du chaos ?
La réponse est toute
simple : personne ! Absolument personne.
Le peuple ivoirien qui a
déjà trop souffert et qui continue de souffrir sera le plus
grand perdant. Notre pays, jadis prospère sera totalement ruiné
et détruit.
Nos leaders politiques
irresponsables, sortiront-ils vainqueurs du chaos?
Eh bien ! Non. Eux aussi
sortiront perdants comme les populations civiles, principales
victimes de leur entêtement.
Certains d’entre eux
pourraient peut-être se réjouir d’une hypothétique victoire (une
consolidation éphémère de leur pouvoir) parce qu’aussitôt, ils
réaliseront qu’avec une guerre civile généralisée, ils n’ont
fait qu’accroître la misère des populations comme c’est le cas
partout ailleurs sur le continent africain et dans certaines
parties du monde où les armes ont remplacé le dialogue entre les
Humains. Ils pourraient à leur tour être confrontés aux
contestations des populations, être combattus et chassés du
pouvoir auquel ils s’accrochent désespérément et pour lequel ils
n’hésitent pas à violer les droits les plus élémentaires de
leurs concitoyens. Ainsi, ils tomberont en disgrâce, perdront
tout : honneurs, argent, avantages matériels, … Responsables de
nombreux délits économiques et de graves violations des droits
de l’homme, ils s’exposent également aux poursuites judiciaires
et aux sanctions pénales si c’est la voie choisie pour mettre
fin à la violence et aller à la réconciliation nationale.
Comme il est si
regrettable de constater que certains de nos leaders africains,
jadis admirés et très respectés comme symboles de
« l’indépendance politique » de notre continent ; perdent
souvent la raison et conduisent leurs Etats respectifs à
l’abîme ! A présent, ils sont accusés de népotisme, traités de
leaders corrompus qui ont perdu la paix intérieure. Aux attentes
de justice, de l’égalité des chances et de la bonne gouvernance
de leurs peuples, ils répondent presque toujours de manière
déceptive, c’est à dire par la violence gratuite. Ainsi, ils
sont traités de dictateurs et de chantres de l’impunité.
C’est aussi très alarmant
de constater la manipulation des aspirations du peuple par les
dirigeants d’hier qui se sont pourtant bien illustrés par la
mauvaise gouvernance. Malgré leurs responsabilités établies dans
la crise actuelle, sans réconciliation préalable des populations
ivoiriennes, sans désintoxication de l’atmosphère
socio-politique ; dans la précipitation, ces anciens dirigeants
sont en train de faire campagne dans le but de revenir au
pouvoir. Ils semblent ne pas du tout se préoccuper des graves
dommages causés et pour lesquels nous demandons réparation.
Est-ce
cela que mérite notre pays après bientôt cinquante ans de
soi-disant indépendance ; plus d’une décennie de frustrations et
surtout après plus de quatre années de guerre insensée?
Interrogeons-nous sur ce qui s’est réellement passé au cours des
cinq dernières décennies en Côte d’Ivoire.
A-t-on
réellement pris le temps d’éduquer au mieux notre peuple pour
éviter la course désordonnée au pouvoir politique sans
véritable respect pour les principes de leadership par nos
principaux acteurs?
Qu’ont fait les
populations ivoiriennes aux politiciens pour subir cette guerre
injustifiée ?
Est-ce que notre pays
mérite vraiment ce conflit orchestré par des politiciens guidés
uniquement par leurs seuls intérêts personnels et engagés dans
des alliances douteuses entre eux-mêmes et entre eux et certains
profiteurs extérieurs de nos richesses?
NON! NOUS NE SOMMES PAS
d’avis que ce qui précède soit ce que mérite la Côte d’Ivoire.
Les filles et fils de ce
pays peuvent faire nettement mieux que le spectacle honteux
servi au monde entier par la classe politique traditionnelle.
Nous avons les moyens d’offrir à nos voisins et au reste du
monde, un spectacle digne.
NON! Nous n’avons pas
besoin d’une guerre civile généralisée du fait de
l’intransigeance de quelques politiciens égocentriques.
NON ! Nous ne voulons pas
suivre l’exemple tragique de certains pays voisins dont le tissu
social et l’économie ont été détruits par des conflits
meurtriers sur plusieurs années.
Les blessures des guerres
civiles prennent des décennies pour se cicatriser. Le prix à
payer nous semble trop élevé: plusieurs millions de morts et de
handicapés à vie sans omettre la destruction des familles.
L’amitié et la fraternité qui gouvernent les comportements en
société sont remplacées par la haine et les sentiments de
vengeance.
Nos acquis et réalisations
socio-économiques sont totalement anéantis. La pauvreté règne.
L’éducation de notre jeunesse laisse à désirer. La santé de
notre population est affectée. Notre pays est devenu le berceau
de la misère, de la pauvreté, de l’ignorance et de la mort.
Combien de temps nous
prendra-t-il pour sortir de cette spirale ?
Des décennies ! Oui, des
décennies.
Voila l’héritage de la
guerre civile. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la
situation de certains pays voisins.
Pouvons-nous et
devons-nous continuer de compter sur l’assistance de la
communauté internationale ? Les exemples encore très récents,
enseignent qu’il faudrait que nous démontrions notre réelle
volonté de sortir de la crise.
Personne d’autre ne
viendra faire la paix à notre place si nous ne sommes pas
capables de dépassement pour prendre notre propre destin entre
nos mains. Si nous le faisons, il n’y a pas de raison que nous
ne bénéficions pas du soutien constructif de la communauté
internationale.
Jetons à présent un coup
d’oeil sur la Résolution 1721. A cause des contraintes ou de
l’agenda de certains membres permanents du Conseil de Sécurité
des Nations Unies, cet organe suprême de décision et de
définition de la politique sécuritaire dans le monde (dont le
fonctionnement nous semble inadapté aux nouveaux défis), a pris
une résolution en dessous des attentes des populations
ivoiriennes. Cette dernière résolution permet plutôt aux acteurs
nationaux du conflit d’amplifier nos divergences. L’inadéquation
des intérêts défendus par les puissances dominantes du Conseil
de Sécurité d’avec les priorités des Etats fragiles tels que la
Côte d’Ivoire, a conduit à l’exacerbation du conflit jusqu’au
stade dangereux où nous nous trouvons actuellement : le
bicéphalisme inutile et improductif au sommet de l’Etat
(Constitution Ivoirienne contre Resolutions de l’ONU).
DJ-CI a mené plusieurs
campagnes de sensibilisation à l’endroit de la communauté
internationale. Ces actions visaient à attirer son attention sur
la gravité de la situation ivoirienne afin de l’amener à un
soutien plus fort, capable de faire revenir la paix. Nous avons
fait des progrès certes, mais je voudrais être assez franc.
L’assistance que nous attendons de la communauté internationale
ne sera jamais suffisante pour ramener la paix, si nous,
ivoiriennes et ivoiriens ne changeons pas de comportement. Nous
n’aurons pas la paix si nous refusons de nous parler, d’être
tolérants, honnêtes, justes et surtout de nous réconcilier. Ces
changements ne devront venir que de nous-mêmes, du fond de nos
cœurs. Ils ne pourront nous être imposés de force par personne.
Depuis plus de deux ans,
DJ-CI a proposé un Plan de Paix (disponible sur le site Web
www.cwps.org) pour résoudre le conflit et restaurer la paix,
la bonne gouvernance et la prospérité dans notre pays bien aimé.
Les points clefs de notre proposition consistent : en la mise en
place d’un gouvernement de transition non partisan, soutenu par
la communauté internationale. Il devra être composé de
technocrates compétents, prêts à servir humblement leurs
concitoyens sans exclusion. Sa mission sera la réconciliation
nationale dans l’unité territoriale retrouvée.
Nous avons besoin d’une
approche inclusive des populations pour sortir de cette crise.
La composition multi ethnique et culturelle de notre société
doit donc être considérée comme une force.
Regardons les autres pays
d’immigration tels que les USA, le Canada, l’Australie, le
Brésil et Singapour, pour ne citer que ceux-là. Regardons le
niveau de développement qu’ils ont atteint pour avoir eu la
sagesse de valoriser la contribution de tous ceux qui ont choisi
de s’y établir. Pour faire face aux enjeux économiques, ils ont
accepté d’intégrer ces étrangers venus de très loin pour
constituer leur peuple.
Notre cas est similaire.
Nous pourrions être un exemple africain de réussite
d’intégration des peuples si nous revalorisons les contributions
des ivoiriens d’origines africaines, européennes, américaines ou
asiatiques et de tous ceux qui, établis dans notre pays, ont
conservé leur nationalité d’origine.
Si nous le refusons,
alors, nous échouerons tragiquement et mon affirmation est sans
réserve même si j’appartiens au groupe Bété qui se définit comme
l’une des ethnies d’origine de la Côte d’Ivoire tout comme : les
Baoulés, les Sénoufos, les Gouros, les Gagous, les Agnis, les
Yacoubas, les Tagbanas, les Adjoukrous, etc.…
Il ne doit pas avoir de
distinction entre les ivoiriens qui ont légalement choisi cette
partie du monde comme leur pays et contribué à son développement
par leur travail. Ils doivent tous être égaux devant la loi et
traités comme tels. Nous ne connaissons pas l’existence de
différents types de citoyens dans notre pays. Il y a un seul
type de citoyens reconnus par notre Constitution ( ?) et nos
lois.
Nous devons également
promouvoir la réconciliation entre nos peuples. Les dernières
années de divisions et de haine sponsorisées par des politiciens
irresponsables, ont laissé de nombreuses blessures et
frustrations qui exigent réparation. Tous, nous devons retrouver
nos sens pour affirmer ensemble notre appartenance à la même
famille ivoire. Nous devons réapprendre à nous respecter
mutuellement. Notre peuple doit également se souvenir des droits
et devoirs du citoyen.
Nous sommes surtout
convaincus que seul un Etat regi par des lois respectées par
tous, peut procurer la justice, la paix et la prospérité à ses
populations.
Depuis plusieurs décennies
et de façon récurrente ; ces dernières années, nous avons noté
une véritable culture d’impunité, d’abus, de manipulation et de
corruption généralisée. Cette pratique doit immédiatement
cesser. Notre peuple a grand besoin d’une intense campagne
d’éducation civique, pour lui rappeler ce que doit être un bon
citoyen et ce qui doit surtout être attendu d’un vrai et bon
leader.
Quand nous aurons relevé
ces défis, alors, nous serons à mesure de parler de
reconstruction de notre pays et de ses institutions qui se sont
dangereusement détériorées ces dernières années. Parallèlement,
notre économie pourra connaître la reprise qui devra permettre
aux populations de renouer avec une meilleure qualité de vie.
Actuellement, la situation
n’est pas reluisante. Notre économie sinistrée, aggrave de façon
vertigineuse la souffrance du peuple tout en entretenant la
violence. Alors, n’en rajoutons pas à la haine et au conflit qui
est en train de ravager notre pays en ce moment.
Il faut que nous, membres
de la société civile ivoirienne, montrions à tout le monde que
nous sommes impatients de voir la paix revenir dans ce pays. Il
n’est pas encore trop tard si nous agissons dès aujourd’hui.
Soyons des vecteurs de modération, de vrais messagers de la
paix. Engageons-nous dans la voie de l’inspiration de nos
leaders désorientés. Aidons-les à reconsidérer leurs positions
erronées. Dès à présent ; tous, prenons l’engagement de
travailler ensemble pour un devenir meilleur pour notre patrie.
Sachons surtout que pour y arriver, nous devons désormais agir
avec professionalisme, justice, responsabilité, maturité et
impartialité.
Nous avons le devoir
d’aider les populations ivoiriennes à démontrer au reste du
monde que tous, nous voulons la paix. Tous, sommes fatigués du
conflit. Nous n’en voulons plus. Nous ne lui avons jamais trouvé
de raison d’être. D’ailleurs aucun de nous, populations civiles,
n’en tire le moindre bénéfice.
Que Dieu bénisse la Côte
d’Ivoire et ses habitants
Signé Modeste Gnamé SERI
Président DJ-CI
Diaspora et Peuple Jeune de Côte d’Ivoire
Contacts
Tel : 08-58-69-48
Email :
movdjci@aol.com
Site Web :
www.cwps.org
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