Le Président de DJCI exprime ses inquiétudes face aux difficultés d’application des Accords de Ouaga  à la veille du 5e anniversaire de la rebellion ivoirienne


Depuis Mars 2007, un simulacre d’accord de paix  dit “Accord de Ouagadougou” pour mettre un terme à un conflit maintenant vieux de cinq ans, a été promu par le président Laurent Gbagbo qui a coopté le jeune leader de la rébellion (Soro Guillaume) pour devenir Premier Ministre sous la supervision du président Blaise Compaoré du Burkina Faso, Etat voisin dont les autorités ont été longtemps accusées par Abidjan d’avoir offert leur territoire comme base arrière à la rébellion.  

L’analyse de l’application effective de ce nouvel arrangement entre les deux belligérants nous conduit à affirmer que “un show spectaculaire a été produit par les principaux acteurs de la guerre ces six derniers mois pour faire croire aux populations ivoiriennes essouflées et à la communauté internationale débousselée que la résolution définitive du conflit qui divise le pays est véritablement en marche. Je pense très sincèrement que le moment est venu pour dénoncer cette autre escroquerie des principaux acteurs de la crise ivoirienne” a dit Mr Seri.     

Il est tragique de relever que les vraies causes du conflit qui sont:

les problèmes du foncier rural, de citoyenneté d’une frange importante de la population (à qui certains politiciens réfusent la pleine  participation à la vie civique et politique du pays du fait de ses origines ancestrales) et de gouvernance approximative pour incompétence avérée, …soient royalement ignorées ou insuffisamment adressées par les dirigeants ivoiriens. Les conséquences d’une telle négligence ou inconséquence sont que le pays continue d’être divisé, les institutions affaiblies, ce qui explique la paralysie des activités dans l’ensemble des principaux secteurs d’activités tels la santé, l’éducation, une économie atrophiée amplifiant le chômage des jeunes, la paupérisation de la population, le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire ayant pour corollaire l’impunité pour les criminels, la corruption massive, la montée des groupes illégalement constitués et en armes alourdissant le climat d’insécurité interne, etc. “En somme, toutes les valeurs civiques et morales n’ont plus droit de cité dans notre pays, un Etat exemplaire dans un passé encore récent. Malgré les dénégations des autorités actuelles, force est de reconnaître que la Cote d’Ivoire incapable de nourrir, de loger, de soigner, de sécuriser, d’éduquer convenablement ses populations est en faillite totale” a ajouté Mr Seri.

Diaspora et Jeunesse de Cote d’Ivoire (DJCI) est convaincue que la simple tenue des élections dans le contexte actuel de détérioration profonde de notre environnement ne va pas systématiquement nous guérir des conséquences graves des nombreuses frustrations subies. Les bases d’une paix véritable et d’une reconstruction réussie (profitable à tous) ne sont pas encore réunies.  Premièrement, constatant l’absence de l’adoption de mesures correctives par les personnes en charge du processus de paix (refus de désarmement des milices rebelles et pro-présidence), il n’y a aucune garantie que les prochaines élections seront effectivement inclusives, honnêtes et non violentes. Deuxièmement, l’alternative vraisemblable qui s’offre aux populations aux futures joutes électorales face à la catastrophe présente risque d’être les leaders d’une opposition démissionnaire et co-responsables de la faillite du pays, faute de volonté politique pour la conduite de vraies campagnes de formation et de sensibilisation des populations pour l’avènement d’un leadership aux antipodes des acteurs en présence. Troisièmement et en conclusion, il faut retenir qu’il y a un grand écart entre l’actuelle classe politique enclin à la défense de ses intérêts personnels et une population fortement paupérisée et traumatisée par le conflit armé.

“Le peuple ivoirien doit urgemment réaliser que les élections ouvertes, non violentes et démocratiques qu’il attend pour mettre fin dans les urnes à  l’impunité en votant massivement pour des leaders compétents, honnêtes et non impliqués dans le conflit risquent d’être illusoires si des changements profonds du processus d’identification et des campagnes de sensibilisation véritables sur les risques d’une tribalisation politique profonde ne sont pas menés sur l’ensemble du territore national” a poursuivi Mr Seri.

A présent, il est clair que “les Accords de Ouagadougou” comme les précédentes escroqueries (Accords de Lomé, Marcoussis, Accra, Pretoria ,…) sponsorisés par les mêmes acteurs politiques ne pourront pas conduire à une paix durable et à une meilleure gouvernance du pays. Les membres de la communauté internationale qui croient en la réussite du processus actuel devraient dès à présent, noter ce fait et réajuster leur opinion. “De combien de temps et de gaspillage supplémentaires de ressources a-t-on besoin pour que cette question devienne évidente pour tout le monde?” s’est interrogé Mr Seri.

Pour sauver ce qui reste encore de la Cote d’Ivoire, et constatant l’échec des précédents gouvernements issus d’une classe politique tres défaillante, il est urgent de mettre en place une nouvelle équipe de technocrates honnêtes et compétents (nouveau gouvernement de transition) pour nettoyer le pays et jeter les bases de la reconstruction des institutions républicaines. C’est seulement une fois ces conditions réunies que des élections dignes et acceptables par tous, pourront se tenir dans deux ans (horizon 2010) pour une meilleure gestion du pays, synonyme de prospérité partagée.  

“Les membres non-partisans de la société civile, les contribuables, l’ensemble des populations ivoiriennes, véritables créateurs des richesses du pays avec l’appui sincère des partenaires au développement doivent se mobiliser dès à présent, agir de concert pour que la paix et les changements attendus deviennent réalité. En definitive, il faut retenir que seule la paix nous conduira aux élections et non le contraire qui lui, nous conduirait vraissemblablement à l’instabilité permanante et aux affrontements” a conclu Mr Seri.

 

Abidjan, le 18 Septembre 2007
Modeste Gnamé Séri, président de DJCI
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