Le Président de D.J.CI lance un appel pressant à la communauté internationale pour sauver la Côte d’Ivoire


New York, le 14 Septembre 2005

Il y a un peu plus de 10 ans, le génocide au Rwanda interpellait le monde entier. Et tous, avions entendu la communauté internationale dire: “plus jamais ça”.

L’humanité à travers cette phrase en trois mots, venait de prendre l’engagement de ne plus tolérer ou ignorer une tragédie d’une telle ampleur sur cette terre des hommes, quelque soit la race, la nationalité et l’origine des auteurs ainsi que des victimes. C’est vraissemblablement pour cette même raison que la communauté internationale ne ménage pas ses efforts en Côte d’Ivoire malgré la mauvaise foi et l’immaturité politique des dirigeants.

Aujourd’hui, malgré les nombreux efforts de médiation, tous les ingrédients sont réunis pour que cette catastrophe humanitaire (le génocide) se repète en Afrique de l’Ouest par la faute de politiciens guidés par leurs interets égoistes et ceux de leurs commanditaires. L’hypothétique souveraineté nationale dont jouit l’Etat ivoirien (en faillite avancée), pousse la communauté internationale à rester impuissante malgré les graves violations des droits de l’hommes dans ce pays.

Au nom de cette même notion de souveraineté nationale, inexistante dans un Etat en faillite, plus de 17 millions d’hommes, de femmes et d’enfants en Côte d’Ivoire et 40 autres millions de personnes vivant dans la région (les pays voisins) sont en danger de mort.

C’est la raison pour laquelle, nous voudrions apporter ici notre soutien à Mr Kofi Annan, Sécretaire Général de l’ONU qui s’est finalement résolu à reconnaitre l’échec du processus de paix en Côte d’Ivoire du fait de la mauvaise foi de l’ensemble de la classe politique.

“Comment des leaders politiques destructeurs d’un pays, opposés à la paix, peuvent prétendre le diriger?” S’est-il interrogé courageusement en ce dédut du mois de Septembre 2005.

A la suite de cette question posée dépuis plusieurs mois par D.J.CI, CUP-CI et certains observateurs avertis de la scène politique ivoirienne, le Sécrétaire Général de l’ONU a également soutenu l’impossibilité d’organiser les élections le 30 Octobre prochain. Il reconnait ainsi la gravité de la situation ivoirienne et l’échec des nombreux accords de paix.

Ce constat d’échec, nous pousse à interpeller l’ensemble de la communauté internationale pour qu’elle cesse de se montrer impuissante devant l’impasse.

L’ONU, l’UA, L’UE et tous les acteurs de la paix en Côte d’Ivoire doivent prendre, dès à présent, des actions énergiques pour dissiper les inquiétudes des populations civiles.

Dépuis plusieurs mois maintenant, D.J.CI et CUP-CI font la promotion d’un plan de paix auprès des populations ivoiriennes et de la communauté internationale. Dans ce plan, nous recommandons une plus grande implication de la communauté internationale dans la résolution de la crise ivoirienne.

Pour parvenir à la paix dans la justice et la non-violence, un appel clair a été également lancé, à l’ensemble des dirigeants politiques dont la responsabilité nous semble établie dans le conflit. Ils sont invités à faire le sacrifice patriotique, c’est à dire prendre leur retraite politique pour sauver le pays.

C’est maintenant qu’il faut agir, car attendre trop longtemps, pourrait être catastrophique pour les populations ivoiriennes et ouest africaines et beaucoup plus couteux pour tous.

Egalement, nous appelons tous les amis de la Côte d’Ivoire à appuyer la mise en place d’un nouveau gouvernement de transition (celui de Linas Marcoussis ayant échoué) composé de compétences nationales (locales et dans la Diaspora), non partisanes et non impliquées dans le conflit pour prévenir les dérapages quasi-certains de la fin du mandat présidentiel.

Cette nouvelle sélection politique nationale aura pour mission :

a. de conduire une campagne intense de désintoxication, de réconciliation et d’éducation civique pour tuer les germes de la division, de l’exclusion et de la haine ethno-réligieuse puis,

b. de mettre en place les principales institutions pour renouer avec les principes fondamentaux de l’Etat de droit comme un préalable à la démocratie et à la relance économique.

Pour une gestion réussie de cette période sensible de l’histoire de la Côte d’Ivoire, D.J.CI et CUP-CI dont le message est aujourd’hui repris par plusieurs parties ivoiriennes ainsi que les partenaires internationaux, invitent toutes les forces vives du pays quelque soit leur ethnie, leur réligion, leur race, leur origine, leur formation politique et leur lieu de résidence à se tenir prêtes pour participer activement à la réconciliation et à la reconstruction du pays qui prend effet dans quelques semaines.

Cette équipe non partisane aura des obligations de résultat clairement et préalablement définies.

La réussite de la gestion de la période post-conflit dans laquelle nous entrons bientôt, exigera de  nous, un vrai changement de comportement et de mentalité pour aller à la réconciliation nationale. Ainsi la Côte d’Ivoire réunifiée et réconciliée sera apte pour le partenariat avec les autres nations. Seule la paix interne nous permettra de faire face aux exigences de la mondialisation.

Pendant la transition de 2 à 3 ans qui s’impose désormais à tous, un travail d’assainissement de l’environnement socio-politique, juridique et économique sera fait pour donner un sens aux élections qui s’en suivront et permettre au pays de connaitre une alternative crédible, démocratique et sans violence.

Une fois de plus, j’en appèle urgemment à la vigilance de la communauté internationale pour qu’elle n’oublie pas la douleureuse et regrettable leçon Rwandaise. Ensemble (populations ivoiriennes et communauté internationale), devons continuer à déployer tous les efforts pour éviter à la Côte d’Ivoire et à la sous-région de sombrer dans le chaos.

La mobilisation doit donc être totale et sincère pour dire non au génocide généralisé en Côte d’Ivoire et aux affrontements dans la sous-région.

Dépuis plusieurs mois, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Union Africaine et tous les amis de la Côte d’Ivoire, tentent de rapprocher les “leaders politiques” ivoiriens pour les convaincre du respect des nombreux engagements pris. Malheureusement, après trois ans de conflit et de pourparlers inutiles et très couteux, le constat est là, très amer : aucune avancée notable. L’échec est total.

Au delà des sanctions (du Conseil de Sécurité de l’ONU) qui doivent frapper les acteurs du conflit armé et tous les auteurs des graves violations des droits de l’homme, une nouvelle approche dans la résolution de la crise ivoirienne s’impose à tous.

Affaiblie par une guerre sans fondement réel, la Côte d’Ivoire mérite l’engagement de tous ses enfants encore lucides pour retrouver la sérénité, renouer avec la prospérité des années 70-80 et surtout la paix pour laquelle la communauté internationale s’est investie énormement.

C’est pourquoi, face à l’échec des nombreux accords de paix et à la lassitude des médiateurs, j’invite les populations ivoiriennes à supporter la proposition de paix de D.J.CI et CUP-CI pour dire au reste du monde qu’en Côte d’Ivoire, nous réfusons l’affrontement, le génocide, la destruction du pays et la catastrophe pour toute la région à laquelle la classe politique traditionnelle est en train de nous conduire.

Tous, nous devons nous lever pour rejeter la “Rwandisation” de la Côte d’Ivoire, cette catastrophe artificiellement engendrée par l’égoisme, l’ignorance et l’immaturité politique.

Plutôt que d’amplifier les clivages entre les différentes communautés ivoiriennes, nous gagnerions tous à nous organiser, pour affronter les épreuves de la vie.  Fabriquer, manufacturer et entretenir la souffrance et la désolation dans le pays ne peut contribuer au retour d’une paix sincère et durable.

J’implore également Dieu pour qu’il inspire, guide et donne à chaque citoyenne et citoyen ivoirien sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans la Diaspora, la force nécessaire de mobilisation pour nous retrouver la main dans la main et ensemble nous opposer au complot et au chaos savamment entreténu par les bénéficiaires du conflit.

A D.J.CI et CUP-CI, nous avons pour coutume de dire qu’il n’y a aucune alternative à la mort.

Face à la guerre civile, les populations ivoiriennes sont donc invitées à faire le choix de la vie. La  mobilisation pacifique à laquelle nous les invitons dans tout le pays, devrait ouvrir la porte à la réunification du pays, à la réconciliation nationale et au retour de la paix.

Unis, comme les doigts d’une seule main, disons non à la violence gratuite, à l’exclusion et à l’intolérance en Côte d’Ivoire.

Que Dieu nous aide à surmonter nos différences pour privilégier l’intêret national.

Je vous remercie.

New York le 14 Septembre 2005

Signé:
Modeste Seri
Président de
DJCI (Diaspora et Jeunesse de Côte d’Ivoire)
CUP-CI (Citoyens pour l’Unité et la Paix en Côte d’Ivoire).  

Plan de Paix D.J.CI/CUP-CI disponible sur le site www.cwps.org
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