D.J.CI : Le temps est venu pour une action robuste en Côte d’Ivoire
 

11 Novembre 2005
Dépuis plusieurs mois, dans la neutralité et l’objectivité, D.J.CI s’attèle à éclairer les ivoiriens et la communauté internationale sur les voies et moyens à employer pour résoudre durablement la crise ivoirienne (entre autres, la mise en place d’un gouvernement neutre de transition capable de réussir la réconciliation nationale avant la ténue des élections). A plusieurs reprises, nous avons exprimé nos doutes sur l’applicabilité et le succès des accords de Linas Marcoussis du fait de l’inconséquence de l’ensemble des leaders politiques engagés dans le processus. Lentement, les populations ivoiriennes et la communauté internationale se rendent à l’évidence.

Progressivement, les récommandations des organisations africaines appuyées par les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies se renforcent. C’est un signe positif. Malheureusement, la mise en application des nombreuses résolutions reste lente si non quasi-impossible du fait du flou qui les entoure et du manque de volonté des parties ivoiriennes. La conséquence directe d’un tel attentisme reste la détérioration continue de la situation dévenue plus qu’explosive. Les ménaces de reprise de la violence sont quotidiennes et viennent de toute part (ménaces des belligérants et surtout d’officiers militaires en rupture de banc avec la hiérarchie). Cette situation assez volatile est préoccupante pour les ivoiriens et les populations des pays voisins.

Selon la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Président Laurent Gbagbo bénéficie d’une prorogation d’une année pendant laquelle, les élections devront se tenir (au plus tard le 31 Octobre 2006). L’une des clauses de cette prolongation est la nommination d’un nouveau Premier Ministre acceptable pour les signataires des Accords de Linas Marcoussis. Il ou elle (le nouveau Premier Ministre) devrait jouir de larges pouvoirs exécutifs et avoir été nommé dépuis le 31 Octobre 2005. Plus de 10 jours après le délai initialement prescrit par l’ONU, les choses coincent, le personnage décrit reste “introuvable”.

Instruits de l’échec des nombreux accords de paix du fait de ses signataires à qui revient curieusement la responsabilité de trouver (dans leurs rangs) le nouveau Premier Ministre aux pouvoirs élargis ; nous pouvons affirmer sans l’ombre d’un doute que l’exercice s’annonce difficile (récusation prévisible du futur Premier Ministre par chaque camp).

Pendant que la communauté internationale continue de dépenser des fortunes dans une interposition interminable du fait d’un processus de paix bloqué, la souffrance des populations amplifiée par le pillage systématique des richesses par chaque camp belligérant et ses commanditaires internes et externes, devient elle aussi insupportable et inacceptable. Le statut quo que vit le pays dépuis plus de trois ans risque d’exacerber le conflit avec l’incursion de nouveaux acteurs sur la scène (risque de coup d’Etat et/ou de reprise des combats).

C’est donc fort de toutes ces incertitudes que D.J.CI voudrait une fois de plus interpeller tous les Etats membres de la communauté internationale et particulièrement ceux favorables au retour de la paix en Côte d’Ivoire en leur demandant de prendre des mésures courageuses et énergiques pour mettre fin à cette situation de ni paix ni guerre qui perdure. Le temps est venu pour une action robuste. Le mythe entreténu par les accords de Linas Marcoussis dont le seul mérite n’a été que le partage du pouvoir entre leurs seuls signataires (formation d’un gouvernement non-opérationnel), risque de conduire à la catastrophe si rien n’est fait dans l’immédiat pour arrêter le jeux trouble des bénéficiaires du conflit armé.

En nous engageant dans l’information et la sensibilisation des populations et de la communauté internationale sur l’urgence d’un nouveau gouvernement de transition, l’intention de D.J.CI n’était pas de prolonger la crise par le maintien au pouvoir des signataires des nombreux Accords de paix restés sans résultats significatifs. Notre objectif était de créer un environnement de confiance avec de nouveaux acteurs neutres pour aller au désarmement, à la réunification du pays et à la réconciliation. Ainsi, des élections véritablement ouvertes, démocratiques et crédibles pourraient se tenir.

Dépuis que le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé d’entériner les propositions de la CEDAO et de l’Union Africaine sur l’après 30 Octobre 2005, la pagaille a repris de plus belle. Les mêmes personnes peu soucieuses des souffrances des populations se battent pour le partage du pouvoir comme ce fut le cas à la suite de la signature des accords de Linas Marcoussis trois ans plus tôt.

Pour mettre fin à l’instabilité chronique entereténue par les bénéficiaires du conflit, les Nations Unies qui, dans la Résolution 1633 désigne un Groupe International de Travail (GIT) pour surveiller la nouvelle transition (quasi-reconnaissance de l’échec de la classe politique et la mise sous-tutelle de la Côte d’Ivoire), devrait aller plus loin en mettant en place la nouvelle administration chargée de la consolidation de la paix et de l’organisation des élections. Les membres de ce nouveau gouvernement devront être des technocrates neutres, non-partisans, dynamiques et modérés.

En reprenant le même mode de désignation du nouveau 1er Ministre qu’à Marcoussis, la communauté internationale et la classe politique traditionnelle maintiennent le status quo.

Les problèmes ivoiriens restent entiers.

La Constitution ivoirienne régulièrement évoquée par le Président Gbagbo mais récusée par l’opposition politique et armée (le G7) au profit des accords de Linas Marcoussis (leur vraie source d’accession, de partage et de maintien au pouvoir) ne va-t-elle pas constituer une autre source de conflit comme ce fut le cas avec le 1er Ministre Seydou Diarra qui, lui aussi, était censé avoir les mêmes pouvoirs renforcés ou élargis?

La question aujourd’hui est de savoir, s’il est possible de construire la paix avec les mêmes acteurs, dans les mêmes conditions et le même environnement de suspicion généralisée. Comment emmener le Président Laurent Gbagbo à accepter son nouveau rôle de simple chef d’Etat (sans pouvoir exécutif réel) alors que la loi fondamentale d’ou il tire l’essentiel de son pouvoir reste en vigueur? Les dirigeants du G7 sont-ils exempts de tout soupçon dans la grave crise que traverse le pays (les différents rapports de l’ONU en matière de violation des droits de l’homme accablent directement le camp présidentiel et les Forces Nouvelles, véritable branche armée des Houphouétistes ou G7)?

N’oublions pas qu’en Côte d’Ivoire, selon la loi fondamentale (en vigueur), nous avons un régime présidentiel fort ou l’essentiel des pouvoirs sont concentrés entre les mains d’une seule et même personne (le Président de la république et/ou Chef de l’Etat). Si la Résolution 1633 de l’ONU reste en l’état c’est à dire en contardiction avec cette Constitution confligène (non suspendue), alors la crise ivoirienne garde toute son intensité.

La période de 11 mois sera-t-elle suffisante pour créer la confiance nécessaire au règlement définitif des problèmes socio-politiques? Cette phase de consolidation de la paix, dejà difficile à mettre en place risque fort bien d’aller au-délà du delai initialement prescrit d’un an. 

Pour la reconstruction, nous invitons tous nos compatriotes (femmes, enfants, hommes) à se joindre à D.J.CI pour réussir le travail de “détribalisation” et de “décriminalisation” de la jeunesse rurale, scolaire et universitaire de Côte d’Ivoire.

Il est temps de nous retrouver pour démontrer notre convergence (accord) sur les points suivants: 

1. La situation politique ivoirienne a atteind et dépassé le seuil de tolérance. Le pays est dans l’impasse. La classe politique actuelle a échoué dans son ensemble.

2. Pendant la période de transition, la Constitution doit être suspendue pour éviter les conflits de compétence.

3. Seul un gouvernement neutre, non-partisan, composé de nouvelles compétences peut conduire et réussir la mission de réconciliation et d’organisation des élections.

4. Un arbitre obligatoirement impartial pour surveiller le processus de consolidation de la paix est indispensable. Cet arbitre ne peut-être autre que la communauté internationale.

5. Avant la ténue des élections, un programme intense de désintoxication est indispensable. Une large campagne d’éducation civique et de sensibilisation des masses rurales et urbaines s’impose.

6. Ce gouvernement doit être mis en place dans les plus brefs delais.

Signé
Modeste Seri
Président de D.J.CI

Contacts Emails: movdjci@aol.com ou djciparis@yahoo.fr