Plan de Paix de la DJCI :

D’une Côte d’Ivoire en guerre vers une Eburnie unie

 

Il y a déjà plus d’un an que DJCI (Diaspora et Jeunesse de Côte d’Ivoire) publiait son plan de paix pour la résolution du conflit en Côte d’Ivoire. Nous avons été encouragés de voir que la communauté internationale dans ses efforts de ramener la paix en Côte d’Ivoire avait adopté certains éléments essentiels de notre proposition.  Cependant, un an plus tard, le conflit n’est toujours pas entièrement résolu.  Nous pensons que le processus actuellement engagé est approprié, mais le succès exige une mise en application plus rigoureuse de nos propositions.  Nous estimons par conséquent qu’il est temps de remettre à jour le document original du plan de paix proposé par DJCI.

Cadre Général

La Côte d’Ivoire, qui fut dans le passé la vitrine du succès politique et du développement économique en Afrique est déchirée par la violence depuis quatre ans. La communauté internationale a essayé à plusieurs reprises de restaurer la paix et la normalité dans le pays avec très peu de succès.

 

Face à l’impasse, un nouveau chapitre dans la recherche de la paix vient de commencer : la nomination d’un nouveau Premier Ministre de transition avec des pouvoirs élargis en conformité avec la résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Son mandat est de désarmer les rebelles et les milices, réunifier le pays et permettre la tenue des élections, déjà largement en retard et peut-être compromises à nouveau.

 

Toutefois,  il est important de ne pas perdre de vue les causes profondes du conflit et de travailler en vue de leur disparition. Une des causes premières du conflit qui a ravagé le pays serait la politique « d’Ivoirité», politique d’exclusion et d’intolérance qui a suivi la disparition du Président Félix Houphouët Boigny. Cette politique d’injustice prive certains groupes ethniques de leurs droits civiques en créant une inégalité devant la loi malgré leur résidence continue en Côte d’Ivoire depuis des générations. Cette politique a perturbé les valeurs traditionnelles de paix interethnique et de tolérance du pays, et provoqué un conflit armé, conduisant la Côte d’Ivoire à la ruine politique et économique. La Côte d’Ivoire est désormais un Etat en faillite dont les répercussions risquent de contaminer le reste de l’Afrique de l’Ouest.

 

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui suit de près la situation en Côte d’Ivoire en consultation avec l’Union Africaine et d’autres groupes concernés, a adopté plusieurs résolutions successives tendant à restaurer la paix dans le pays. Malgré leur fermeté, elles n’ont pas apporté les résultats escomptés. De surcroît, elles sont inscrites dans le cadre des accords de Linas-Marcoussis restés inappliqués à ce jour. Certaines dispositions de ces arrangements politiques sont également jugées injustes par une grande partie des populations et ne peuvent selon elle, constituer une base saine pour le rétablissement d’une paix durable.

 

En tant qu’Ivoiriens, libres de tout lien avec les groupes qui se disputent le pouvoir, nous comprenons mieux les intentions de la classe politique actuelle. De ce fait, nous affirmons que l’attente de la communauté internationale de voir la mise en application des accords de Linas-Marcoussis et des accords de paix d’Accra et leurs nombreuses dérivées n’est pas réaliste. Les récents développements le démontrent bien.  Nous ne parviendrons pas à une paix durable conforme à ces recommandations avec la classe politique actuelle (opposition et parti au pouvoir). Nous proposons une approche plus inclusive, en conformité avec les traditions africaines, qui à notre avis semble être la voie la plus sûre vers une paix durable, à laquelle aspire notre peuple.

 

DJCI est aussi convaincu que tant que des changements fondamentaux dans les attitudes de la classe politique actuelle n’auront pas eu lieu, et tant que ses membres ne font pas preuve de plus de maturité, de leadership politique et d’un engagement sérieux à servir l’intérêt commun plutôt que la promotion des intérêts sectaires et égoïstes, le conflit en cours ne pourra pas être résolu. DJCI estime donc que, seul le renouvellement de la classe politique apportera au pays les changements souhaités. Les dirigeants politiques actuels ont tous échoué.

 

L’objectif de CUP-CI (Citoyens pour l’Unité et la Paix en Côte d’Ivoire), comme le dit bien son nom est de mettre fin au conflit politico- militaire artificiellement entretenu en Côte d’Ivoire, et de restaurer l’unité et la paix dans le pays en établissant un gouvernement démocratique qui respecte les droits de tous les ivoiriens.  DJCI et CUP-CI  sont libres de tous liens avec les partisans de la guerre, et sans affiliation avec les groupements étrangers qui cherchent à profiter du conflit. Dans ce contexte, DJCI et CUP-CI proposent dans ce document quelques étapes cruciales pour trouver une solution au conflit en Côte d’Ivoire. Cette proposition a pour but d’encourager des discussions ultérieures en vue de la formulation d’un Plan de Paix qui restaurerait l’Unité, la Paix et la Prospérité en Côte d’Ivoire.

DJCI et CUP-CI est encouragés par les efforts des membres de la communauté internationale qui rejoignent certaines des recommandations présentées ici.  Nous estimons cependant que, malgré les efforts louables des divers Etats membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies avec la coopération d’organisations régionales comme l’Union Africaine et la CEDEAO pour la résolution du conflit actuel en Côte d’Ivoire, beaucoup reste encore à faire. 

Cette proposition pour un plan de paix par DJCI et CUP-CI appelle les citoyens de Côte d’Ivoire à : (1) rejeter toutes les tentatives de sécession de la Côte d’Ivoire; (2) accepter une nouvelle vision pour notre pays (le renouvellement de la classe politique) ; et  (3) appuyer un plan par étapes pour réaliser cette vision.  En conséquence, ce Plan décrit les éléments de la gouvernance intermédiaire et finale qui, selon DJCI et CUP-CI, pourrait restaurer la Côte d’Ivoire dans sa propre existence. Il décrit également les étapes essentielles, nécessaires pour y aboutir.

 

Ce document est organisé en 5 sections, qui sont :

1.   Brève description de DJCI et de CUP-CI

2.   Articulation générale de la forme d’un éventuel gouvernement pour la Côte d’Ivoire selon  DJCI et CUP-CI

3.   Identification des conditions de base pour restaurer l’ordre devant permettre la réalisation de cette vision

4.   Proposition pour un partenariat de gouvernement de transition pour la reconstruction de l’Etat entre les ivoiriens et la communauté internationale.

5.   Etapes à suivre pour le retour à la Paix

1)   DJCI et CUP-CI

DJCI est une organisation-réseau qui regroupe un éventail de groupes de la société civile ivoirienne.  Elle a été initiée par la Diaspora ivoirienne, en coopération avec d’intellectuels, des membres de la jeunesse locale ivoirienne et d’autres personnes à l’esprit démocratique.

CUP-CI est un mouvement de la société civile ivoirienne qui s’accroît très rapidement. Les deux organisations sont totalement engagées à inclure toute ethnie ou religion sans distinction.

Elles ont pour but de:(1) mettre fin à la violence politique artificiellement générée ; et (2) informer la population sur les changements nécessaires pour mettre en place une véritable démocratie sur la base de l’unité nationale.

Ces deux organisations ont été créés par de jeunes ivoiriens, -sous la présidence de Monsieur Modeste Gnamé Seri- de par son éducation et son contact avec d’autres cultures a été alerté sur les conséquences calamiteuses des iniquités ethniques et religieuses attisées par les dirigeants politiques ivoiriens actuels.

A ce jour, DJCI et CUP-CI incluent et accueillent les ivoiriens de toutes ethnies et catégories sociales qui oeuvrent pour une société démocratique, inclusive, et tolérante pour la CI.

2)  Vision de DJCI et CUP-CI pour la gouvernance en Côte d’Ivoire

La vision de DJCI et CUP-CI pour la Côte d’Ivoire est celle d’une démocratie inclusive; d’une gouvernance responsable, propre et transparente; du respect de la règle légale; du pragmatisme économique; et d’une coopération étroite à la fois nationale, régionale,  et internationale. 

DJCI et CUP-CI ont aussi adopté la conception d’un modèle démocratique qui incorpore des conceptions et traditions africaines et ivoiriennes testées par le temps.

Quelques éléments clés de ce modèle pour la gouvernance de la Côte d’Ivoire, tel que conçus par DJCI et CUP-CI sont les suivants :

a)   Intégration.  Conscient de la contribution importante de l’immigration antérieure au développement de la Côte d’Ivoire, DJCI et CUP-CI accordent une haute priorité au développement d’un climat d’intégration et de droits identiques pour tous les citoyens. Ceci inclut, bien sur, l’égalité entre hommes et femmes sous tous ses aspects. DJCI et CUP-CI ne reconnaissent pas l’existence de différences légales entre ceux qui possèdent la nationalité ivoirienne.

b)   Valorisation substantielle des régions. Compte tenu de la nécessité de la valorisation des régions, la vision de DJCI et CUP-CI, est que l’on implémente et approfondisse le système de décentralisation de l’administration actuellement en place, pour offrir une autonomie locale réelle en cohérente avec l’intégrité de la république.

c)   Valeurs traditionnelles ivoiriennes. “Allons à l’arbre à palabre” exprime un engagement pour un processus de délibération par collaboration pour résoudre les problèmes, dans lequel aucune décision n’est prise tant que tous les points de vue relatifs n’ont pas été examinés et compris.  Cette approche respectueuse et raisonnée d’aborder les défis de la vie a bien servi notre peuple depuis bien longtemps. Il en sera de même à l’avenir, surtout dans le travail complexe et difficile de reconstruction de nos institutions étatiques et de réparation des blessures de la guerre.

d)   Des citoyens sensibilisés.  Le respect de la constitution par les élus est un principe fondamental en démocratie.  Avant que les ivoiriens ne se rendent aux urnes, il est important qu’ils soient informés par une intense campagne de sensibilisation sur les droits et devoirs de la vie en démocratie.  De plus, la dernière décennie de violence et d’instabilité a privé la jeune génération d’une éducation adéquate pour contribuer positivement à la vie sociale du pays.  Une population qui ne fait que se battre ne peut créer une société saine et paisible. La priorité urgente est donc la reconversion des anciens miliciens et autres civils combattants de la rébellion par l’éducation et la formation afin de leur permettre une insertion dans la société.

e)   Un engagement à cicatriser les blessures de la guerre.  Les blessures de la guerre incluent le désordre du au stress post-traumatique, qui est un état de choc subconscient prolongé et qui détériore le bien-être physique, mental, et émotionnel. Ces blessures comprennent aussi les haines qu’ont générées les violences des uns vis-à-vis des autres.  L’Afrique du Sud a élaboré un processus efficace pour guérir ses blessures raciales ; la Côte d’Ivoire doit s’en inspirer.

f)    Une Constitution vivante écrite pour le bien de toutes les parties et issue d’un dialogue honnête, intégrateur et continu exprimant les vrais besoins et les rêves du peuple ivoirien.  Une architecture politique et administrative clairement décentralisée permettra de mieux répondre aux différents besoins de gestion saine et démocratique des régions, tout en fournissant une cohésion sociale qui donnera de la force à la nation toute entière.

g)   Une économie solide. La Côte d’Ivoire étant un pays côtier riche en ressources naturelles, et favorisée par des citoyens qualifiés et actifs, a presque, tous les facteurs clés requis pour soutenir une économie vibrante. Pour atteindre notre potentiel économique,devons urgemment rétablir la paix.  Nous devons empêcher les leaders égoïstes d’exploiter nos ressources nationales pour leur profit personnel aux dépens de celui de la nation.  Nous devons éradiquer la corruption et établir des règles légales, fortes et éthiques pour attirer l’investissement étranger qui aidera notre développement. Un autre élément important additionnel pour créer cette économie solide est de dédommager ceux qui ont beaucoup ou tout perdu tout au long de cette guerre.

3)   Facteurs clés pour la réalisation de cette vision

Il y a beaucoup de besoins importants qui doivent être satisfaits pour réaliser cette vision de DJCI et CUP-CI pour la Côte d’Ivoire. En ce moment, quatre besoins principaux émergent : (a) le besoin de changement au sein du leadership ivoirien ; (b) le besoin d’une assistance internationale soutenue et continue pour préserver la paix ; (c) le besoin d’une stabilité et du développement de son économie ; et  (d) le besoin de persévérance et de patience pour la construction de l’Etat.

a)     Le besoin de changement dans le leadership ivoirien

DJCI et CUP-CI affirment qu’il est impossible d’envisager une paix durable avec les leaders actuels.  A travers leurs actions, ces leaders ont prouvé qu’ils étaient incapables de faire face aux devoirs exigés par une position publique. Ils ont prouvé qu’ils étaient opposés à la paix, en amplifiant les violences ethniques, raciales, et religieuses et en menaçant la survie de l’Etat.  L’introduction et l’exploitation du concept exclusif et délétère « d’Ivoirité », essentiellement utilisé comme un outil pour des gains politiques personnels ont jeté notre pays dans le courant actuel d’auto-destruction.

Aucun parti n’a démontré avec évidence, son engagement ferme aux accords de paix signés à Linas-Marcoussis et à Accra qui, en dépit de la lenteur dans leur application sont toujours considérés par la communauté internationale comme la clé pour le rétablissement de la paix dans notre pays.

A travers les différentes consultations qu’elles ont conduites, DJCI et CUP-CI sont conscientes qu’une partie importante de la population ivoirienne est d’accord avec ses conclusions et aspire à un changement pacifique et fondamental.

Il est donc regrettable que le Premier Ministre mandaté par la Résolution 1633 soit encore contraint d’opérer dans le cadre défini à Linas-Marcoussis. DJCI est convaincue que Monsieur Konan Banny serait capable de remplir son mandat avec plus de succès s’il se libérait de ce cadre contraignant et était autorisé à constituer un gouvernement purement technocratique et non-partisan. 

b)   Le besoin d’assistance internationale pour construire la paix

Résoudre la situation actuelle et poser les bases profondes pour une paix authentique et pour la stabilité requièrent une refondation complète du système politique ivoirien.  Ceci constitue une formidable tâche, même dans le meilleur des cas.  Etant donné la multitude des opposants à la paix, les colères, les souffrances et les divisions causées par plus de dix ans de violence, DJCI et CUP-CI croient que la résolution de la situation actuelle requiert d’un  appui de la communauté internationale. 

Les mois récents ont vu un accroissement graduel dans la force d’intervention internationale des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Chaque nouvelle résolution du Conseil de Sécurité a exigé des mesures de plus en plus fortes. La conséquence implicite mais directe de ces différentes mesures, c’est la compromission de la souveraineté nationale.

 

Aucun pays souverain n’invite de sa propre volonté des interventions étrangères dans ses affaires. Cependant, DJCI et CUP-CI sont persuadées que la Côte d’Ivoire n’a d’autres options à présent que de travailler en étroite coopération avec l’ONU pour la résolution du conflit et assurer sa gouvernance. C’est la seule manière pour être capable de rectifier avec succès les dégâts causés au pays durant toutes ces années passées, et poser les fondations du succès que nous sentons notre pays capable de réaliser.

Nous ne nous retenons pas de dire que nous demandons une présence plus forte de l’ONU pour renforcer et maintenir la paix en Côte d’Ivoire pour le moment. Ils doivent nécessairement désarmer les rebelles et les forces paramilitaires et assurer la sécurité et l’autorité du gouvernement.  Nous pensons aussi qu’un commandement unifié de toutes les troupes étrangères de l’ONU est nécessaire.  Nous appelons donc le Conseil de Sécurité à accroître davantage la présence des troupes des Nations Unies, à renforcer et à prolonger leur mandat pour une période suffisamment longue.

L’expérience des autres situations conflictuelles a prouvé que la seule séparation des combattants n’est que le début de ce qui est nécessaire pour construire une paix durable. Un processus de reconstruction doit aussi fournir une campagne d’instruction civique, un processus de réconciliation nationale et une démobilisation des combattants. Mais même cela seul ne serait suffisant. Les dommages subis par notre société et les institutions de notre Etat sont tels que nous avons aussi besoin d’entrer dans un partenariat temporaire avec la communauté internationale pour nous aider à gérer le processus de reconstruction de l’Etat et poser les bases de la relance de notre économie.  Faire appel à une aide extérieure rendra disponible une expertise valable qui bénéficiera énormément à la Côte d’Ivoire.  DJCI et CUP-CI ont le sentiment qu’il serait utile de reconnaître et d’accepter ouvertement la situation actuelle qui de facto a limité de façon temporaire la pleine souveraineté de la Côte d’Ivoire.

c)     Le besoin de stabilité économique et de développement

Historiquement fertile et riche en ressources naturelles, la Côte d’Ivoire a joui d’une économie excellente basée sur l’agriculture et l’exportation des matières premières.  Avec la paix et la stabilité, il n’y a aucune raison qui nous empêcherait de retrouver cette prospérité.  Offrir un climat favorable pour restaurer la Côte d’Ivoire comme destination privilégiée en Afrique de l’Ouest pour l’investissement étranger exige une politique qui garantit une protection légale, une bonne gouvernance, des règlements administratifs appropriés, une bureaucratie efficace, et des incitations fiscales.  De plus, la politique gouvernementale devra encourager une activité économique durable, tout en contribuant au développement social et à une distribution équitable de la richesse. Elle doit aussi favoriser l’interaction et l’intégration économique de la Côte d’Ivoire avec ses voisins régionaux en Afrique de l’Ouest, et avec le reste du monde.

En ces temps cruciaux, il est aussi important d’allouer un effort suffisant à la réintégration dans la société de ceux qui ont combattu dans les conflits récents.  Il doit être clairement compris que ce sont des personnes qui ont été terrorisées, manipulées et incitées à la violence par des leaders politiques avides de pouvoir. Elles ont été dépouillées de leurs droits à l’éducation et ceci doit leur être rendu dans la mesure du possible. Elles ont un rôle important à jouer dans la régénération de ce pays et il est primordial que nous fassions tout ce qui est nécessaire pour les équiper en vue d’aborder cette tâche importante.

d)    La transparence dans la reconstruction de l’Etat

Ce document a déjà présenté les aspects essentiels des structures gouvernementales que nous envisageons, mais ce point mérite d’être répété:

Une approche minutieuse dans la construction d’institutions étatiques stables et efficaces est nécessaire pour que la Côte d’Ivoire tire le plein avantage de ses potentialités pour se développer en une démocratie réussie et prospère. Aucune forme de substitution superficielle ou cosmétique ne fera l’affaire.  Nous devons faire comprendre clairement à nos donateurs extérieurs et à la communauté internationale que le coût d’une Côte d’Ivoire instable dépasse largement les coûts à court terme indispensables pour faire un bon travail dès le début.

Avec l’engagement des populations ivoiriennes et l’appui des partenaires au développement au plan de DJCI, les perspectives de succès de la Côte d’Ivoire sont excellentes. Historiquement ouverte, tolérante et hospitalière vis-à-vis des immigrants (un grand nombre d’immigrants travailleurs et entreprenants de la région et des régions aussi lointaines que l’Asie de l’Ouest et l’Europe), du moins jusqu’aux incitations récentes aux violences ethniques, la Côte d’Ivoire peut redevenir une vraie terre d’accueil et de promotion de l’humanité dans une Afrique déchirée par les conflits raciaux et tribaux. Toutes ces communautés, en tant que citoyens et résidents permanents, ont aidé à créer une des économies les plus dynamiques de l’Afrique de l’Ouest.  Il n’y a aucune raison pour que ce succès ne soit pas répété et amplifié à l’avenir.

*   *   *

Réaliser la vision décrite et satisfaire à ses besoins exigera une stratégie transitionnelle à deux phases :

(1)  un soutien international plus efficace dans le maintien de la paix, et

(2)  l’établissement d’un gouvernement de transition pour reconstruire l’Etat en partenariat avec la communauté internationale.

Le reste de ce document décrit le Gouvernement de transition tel que DJCI et CUP-CI le visualisent, et puis il spécifie les principales étapes suivantes requises pour aboutir à cette vision.

4)   Un Gouvernement de transition pour la Côte d’Ivoire

Nous considérons le processus actuel de désignation d’un Premier Ministre aux pouvoirs élargis, dans le cadre de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité, comme une mesure valable.  Cependant, étant donné les obstacles, nous doutons qu’il puisse un jour être en mesure de réussir. Par conséquent, comme une étape supplémentaire pour accroître l’intervention temporaire de l’ONU et comme une suite naturelle du processus actuel, DJCI et CUP-CI envisagent, la formation d’un Gouvernement de Transition de Côte d’Ivoire (GT-CI) réunissant les ivoiriens travaillant en étroit partenariat avec la communauté internationale.  Les membres de ce gouvernement seraient soit d’origine locale, soit de la diaspora ivoirienne et sélectionnés pour leur compétence et leur intégrité reconnues et sans être marqués par leur implication avec une des parties en conflit. 

Une fois la paix instaurée, la reconstruction de l’Etat en Côte d’Ivoire pourrait être valablement soutenue par la nouvelle Commission de consolidation de la paix de l’ONU comme dans toute situation post-conflictuelle.  Les conditions en Côte d’Ivoire incitent à penser qu’un tel projet pourrait conduire à un résultat dont le succès créerait un précédent utile pour les autres cas de rétablissement de paix pour les Nations Unies et dans le monde.

Le Gouvernement de transition de Côte d’Ivoire qui est proposé inclurait des représentants de tous les composants du peuple et comprendrait ces éléments:

§        Un Présidium: Organe suprême autorité du pays approuvé par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

§        Un Cabinet ministériel: Un corps Exécutif comprenant des ivoiriens hautement qualifiés.

§        Une assemblée nationale: Initialement, le pouvoir législatif serait assuré par un Conseil Spécial désigné par le Présidium, composé de citoyens ivoiriens de bonne moralité et ayant des compétences professionnelles. Dès que faisable, après une campagne de sensibilisation de la population, les citoyens éliront une partie de l’assemblée nationale de transition qui la représentera.

§        Le Judiciaire: Pour éradiquer vigoureusement la corruption existante et garantir un professionnalisme débarrassé de militantisme politique, ethnique ou religieux, le Présidium devra nommer des juges dont la compétence et l’intégrité auront été prouvées. Une importance spéciale sera accordée à la mise en place d’un dispositif judiciaire compétent. 

§        Le corps administratif de l’Etat: La revalorisation du corps administratif de l’Eat sera considéré en mettant l’accent sur le renforcement des compétences des fonctionnaires.

§         Les FDS (Forces ivoiriennes de Défense et de Sécurité): Sous le commandement du Présidium et avec l’assistance de conseillers internationaux, les forces de défense et de sécurité ivoiriennes bénéficieront de formations professionnelles supplémentaires afin d’accroître leur qualification.

Conduire le processus de démocratisation jusqu’à son succès final exigera un engagement ferme dans le temps, du financement international, et des investissements étrangers en Côte d’Ivoire.  Le Gouvernement de transition devra poursuivre ses interventions sur une période suffisamment longue pour faire aboutir les objectifs de réconciliation et de renforcement de l’Etat.  Une fois que les hostilités auront cessé et que les investissements commenceraient à revenir dans le pays, l’utilisation de nos ressources naturelles devrait permettre de générer le financement nécessaire.  Mais jusque-là nous, le processus de consolidation de la paix  nécessitera l’aide internationale. Bien sur, tous les efforts devront être faits pour minimiser les coûts. 

5)   Les différentes étapes du processus de paix

1.                             Augmenter le nombre des forces de maintien de la paix de l’ONU.  Renforcer leur mandat d’interposition par le désarmement des rebelles et des milices. Leur accorder un rôle plus explicite pour assurer la sécurité du pays et garantir le respect de l’autorité du gouvernement.

2.                             Mener des actions d’information dans tout le pays auprès de la population et l’élite politique afin de soutenir l’idée d’un gouvernement de transition appuyé par l’ONU pour reconstruire l’Etat.

3.                             Informer les Ivoiriens sur le vrai contexte de l’instigation artificielle du conflit actuel dans tout le pays. Le but de cette campagne est de permettre au peuple de résister à de nouvelles incitations à la haine ethnique et à la violence.

4.                             Nommer un Exécutif pour le TG-CI avec de larges pouvoirs garantis par le Conseil de sécurité de l’ONU. Il devrait être nommé pour une période initiale limitée à deux ans, renouvelable si nécessaire

5.                             Etablir et rendre opérationnelles toutes les branches et institutions du TG-CI.

6.                             Conduire des campagnes et des activités intenses de réconciliation nationale.

7.                             Réintégrer les combattants en évaluant leurs besoins, et définir des programmes d’éducation pour leur réinsertion. Mettre sur pied des facilités de micro-credit pour appuyer de nouvelles activités économiques leur permettant de se revaloriser.

8.                             Intensifier les efforts pour mettre en place des capacités de formation dans tous les domaines de l’administration publique.

9.                             Améliorer les services de base de santé et d’éducation publique.

10.                         Promouvoir le développement économique intérieur, tout en stimulant les investissements étrangers.

11.                         Etablir des programmes intensifs d’instruction civique.

12.                         Organiser les élections d’assemblées législatives intérimaires au niveau central et régional pour fonctionner pendant la période du GT-CI.

13.                         Sélectionner les membres de la nouvelle Commission constitutionnelle et les aider à se mettre au travail en s’assurant que le document qui en résultera reflétera un engagement sincère pour le bien-être de l’ensemble de la population Ivoirienne.

14.                         Tenir un référendum national pour ratifier la nouvelle Constitution, qui permettra à la nation de confirmer sa préférence de s’appeler la République d’Eburnie. Ce nom permet une identification plus adéquate de la nation, étant donné ses antécédents historiques. 

15.                         Organiser des élections législatives et présidentielles comme prescrit par la nouvelle Constitution.

16.                         Inaugurer le nouveau gouvernement en célébrant l’accès à la pleine souveraineté de la République d’Eburnie (en espérant sa tenue vers le début ou milieu de l’année 2008). 

 

Le 15 février, 2006

DJCI et CUP-CI

Président Modeste G. Seri