Face au chaos, le Président de D.J.CI lance un appel

 
New York, le 16 Aout 2005

Nous, ivoiriens de la Diaspora sommes de plus en plus inquiets face à la dégradation catastrophique de la situation sécuritaire dans notre pays .La destruction continue de la Côte d’Ivoire sous l’actuel gouvernement de réconciliation nationale est en train de conduire notre pays et l’ensemble de la sous-région à une catastrophe sans précédant. Notre pays, synonyme de stabilité et de succès économique jusqu’à une date encore récente est aujourd’hui le premier des Etats en faillite dans le monde selon les experts en la matière.

Les ivoiriens de la Diaspora, moins exposés au climat d’insécurité généralisée, d’intimidation et de manipulation, promu aussi bien par le clan présidentiel que les opposants politiques dans le pays, entrevoient plus clairement le désastre qui se profile à l’horizon. Une grande partie de la population à l’intérieur du pays, ceux-là qui souffrent directement des conséquences du conflit armé sont conscients et plus qu’inquiets du péril qui guète la nation toute entière. Les autres, victimes de l’irresponsabilité, de l’égoisme et des manipulations de la classe politique traditionnelle, prennent plus de temps à réaliser l’avenir macabre auquel ils devront faire face très bientôt si des mesures correctives ne sont pas prises dans l’urgence.  Certains dans cette deuxième et dernière catégorie continuent de croire au message de haine, d’exclusion et de violence défendu par leurs “leaders” dans leurs efforts désespérés de maintenir le soutien de certains segments de la population sous informée.

Mais pour combien de temps cette pratique tiendra encore?

L’économie ivoirienne est en faillite, la cohésion sociale a été détruite, les institutions de gouvernance du pays ne fonctionnent plus. La justice est absente, les lois ne sont pas respectées, les infrastructures scolaires et les services de santé publique sont dans un délabrement avancé, la sécurité est et la corruption généralisée gouverne les comportements. La vie à l’exception de “l’élite” au pouvoir (FPI et G7 confondus) rhyme dangeureusement avec insécurité, pauvreté et précarité pour la majorité des populations.

Pourquoi devrions-nous continuer à accepter cet état de fait sans réagir?

Devons-nous attendre qu’arrive la grande catastrophe, un génocide à la Ruwandaise, destructeur de notre pays avant de réagir pour restaurer la Paix ? (Cette Paix, hier prétendument assimilée au comportement des ivoiriens par certains politiciens?)

Je pense que non!

C’est maintenant qu’il faut agir.

Il faut dire non à la follie qui s’est emparée de certains d’entre nous, pendant qu’il est encore temps.

Réfusons d’être des victimes de la diabolisation mutuelle, de la division, de la haine et de la manipulation politicienne!

Ensemble, reconnaissons courageusement l’état de crise grave dans lequel se trouve notre pays. Arretons de toujours blamer les autres (les profiteurs extérieurs de notre mésentente) et commençons à réaliser que seuls nous, nous, ivoiriens, devons et pouvons guerrir notre société et sauver notre pays en nous parlant franchement entre frères et soeurs pour aboutir à une réconciliation vraie.

D.J.CI invite de ce fait les ivoiriennes et les ivoiriens de la Diaspora et ceux restés sur place en Côte d’Ivoire, à regarder la réalité du pays en face. Nous devons nous unir dans la paix entre frères et soeurs pour sauver notre bien commun, la Côte d’Ivoire agonisante. Cette union devrait nous pousser à soutenir les efforts de nos concitoyens restés sur place et qui essaient de se réconcilier dans l’unité et la paix malgré toutes les ménaces des ennémis du retour de cette paix. Joignons-nous les uns aux autres pour soutenir les nombreux efforts des ONG neutres et encore actives dans le pays. CUP-CI (Citoyens pour l’Unité et la Paix en Côte d’Ivoire) en est un exemple. Ensembles, aidons les membres de ces ONG indépendantes des acteurs de la crise dans leur mission noble de la promotion de la réconciliation et de l’éducation civique offerte aux populations sur une base inclusive, c’est à dire sans distinction d’origine, d’ethnies ou de réligions.

En éduquant les populations sur les valeurs de la démocratie, nous aurons aidé à construire le futur pour la paix et la maturité politique que nous souhaitons pour notre pays. Un futur qui sera gouverné par le respect des lois républicaines, un futur ou la justice et l’égalité des chances pour tous seront une réalité. Ce futur nous permettra de construire une société ivoirienne plus inclusive, prospère et mature dont nous rêvons tous.

Ayons tous le courage de reconnaitre que les élections improbales d’Octobre 2005 (les conditions n’étant pas réunies) auxquelles certains veulent contraindre le pays, sont sans issues et risquent de conduire à une fracture plus profonde si elles ne sont pas précédées par une campagne d’éducation civique et de sensibilisation des différentes communautés sur l’ensemble du territoire national réunifié.

Pour réparer les nombreux dommages causés au pays et à ses populations, nous devons soutenir également l’idée de la mise en place d’un nouveau gouvernement de transition (l’actuel ayant échoué) dirigé par une équipe d’hommes et de femmes intègres et compétents, prêts à proscrire les vilains comportements d’hier et d’aujourd’hui pour servir leur pays avec honnêteté et dévouement. Cette nouvelle équipe composée de compétences locales modérées et de professionnels la Diaspora, devra être à mesure de résister à l’enrichissement illicite  et personnel, et disposée à travailler pour l’avènement d’une Côte d’Ivoire nouvelle avec un pouvoir fortement décentralisé (voir Plan de Paix D.J.CI/CUP-CI de Décembre 2004* disponible sur le site www.cwps.org).

Nous aurons également besoin du soutien de la communauté internationale pour assurer la sécurité et la bonne marche de cette nouvelle équipe de transition. Le soutien extérieur sera également indispensable en termes de ressources et de compétences pour nous aider à surmonter les insuffisances qui se présenteront. C’est certainement de cette seule façon que nous pourrions finalement réaliser le retour de la paix, puis l’indépendance véritable de notre pays par une maturité politique et administrative accrue nécessaire au renforcement de la présence de la Côte d’Ivoire dans le concert des nations. Cette indépendance se confirmera par notre force et notre expertise à résister à la domination et à l’exploitation abusive de nos richesses par des mains extérieures comme cela est le cas plus aujourd’hui qu’ hier. (Certains nouveaux venus dans le règlement de notre conflit seraient en train de jouer sans aucun scrupule, le rôle de faux amis très/dés-interessés).

A cette période critique de notre histoire,  j’en appèle à votre sens patriotique (un patriotisme intégrant, non-violent mais tenant compte des contraintes de la globalisation), frères et soeurs ivoiriens pour ensemble réfléchir sur le devenir de notre nation. Tous, rassemblons nous pour la réconciliation dans l’unité. Abandonnons tous les vilains sentiments qui nous poussent à la division. Inspirons nous de nos erreurs pour mieux redéfinir ensemble les contours d’un futur bati sur la vérité, l’amour et la justice. Mettons nos différences de côté et faisons la promotion de ce que nous avons en commun.

Toutes et tous, ensemble, commençons dès aujourd’hui de l’intérieur du pays comme de l’extérieur, à jeter les bases d’un avenir plus radieux pour la Côte d’Ivoire, pour nous-mêmes et pour nos enfants.

S’engager dès à présent sur cette voie du pardon et de la réconciliation dans la vérité et la justice me semble être la seule voie de salut pour tous.

Que Dieu, protège les populations de Côte d’Ivoire.

Je vous remercie.  

Modeste Seri,
Président

DJCI (Diaspora & Jeunesse de Côte d’Ivoire) et
CUP-CI (Citoyens pour l’Unité et la Paix en Côte d’Ivoire).
Email : movdjci@aol.com                                 Tel/Fax : 1-212-283-8660


* Plan de Paix et autres documents à consulter sur le site web www.cwps.org